La Modification de Michel Butor
Ecrivain vivant francophone né le 1926 d’un statut internationale reconnue dans
toute l’Europe et ailleurs, Michel Butor est connu du grand public comme un romancier et en particulier comme l’auteur de « la modification ».Ce livre datant de 1957, a été jugé aussi très
difficile mais peu à peu, les lecteurs y sont habitués. Aujourd’hui la Modification est entrée dans les mœurs. Michel Butor nous raconte l’histoire de Léon Délmont, homme partagé entre deux
villes (Paris-Rome) et deux femmes (henriette-Cécile). Léon Délmont quitte Paris où il vit avec son épouse Henriette et ses enfants et part à Rome pour y retrouver sa bien aimée Cécile et
l’emmener vivre avec lui à Paris. Or, ce voyage s’avère plus difficile que prévenu. Au fur et à mesure qu’il s’approche de sa destination et de sa bien aimée, sa décision se modifie et
l’histoire se clôt sur l’échec du projet. Toute l’histoire se passe au sein du train qui faisant la ligne Paris Rome. Butor utilise tout le long du récit, le vouvoiement pour décrire ce voyage.
Lors du récit, on suit tout le cheminement de sa pensée, ses réflexions et ses multiples décisions qui changent au fur et à mesure du voyage. On constate lors du trajet comment il lui est
difficile de savoir ce qu’il veut et ne reste pas sur un choix de vivre unique.
L’Enéide de Virgile dans la Modification
Après une fructueuse lecture du roman, il est clair que l’écrivain a écrit la Modification tout en
faisant référence à certains mythes parmi lesquelles on coïncide bien sure l’Enéide de Virgile.
L’Enéide estime que Enée, le troyen, fuit sa patrie après était envahi par les grecs, à la recherche
de son père Anchise, qu’il l’enseigne l’avenir de sa race. Il bénéfice de l’aide divine grâce à sa volonté mais il n’y arrivera à sa fin qu’au prix de guerres sanglantes. Malgré tous les
obstacles et les circonstances, Enée ne se laisse pas abattre jusqu'à ce qu’il arrive à retrouver son père.
Dans la Modification, on a pu détecté les passages à travers lesquels Butor rend compte du mythe
« L’Enéide ». Ce sont les passages ou l’écrivain évite le vouvoiement et utilise la troisième personne. C’est à ce moment là que le héros voyage dans ses rêves.
Pour être plus court, on va rendre compte ici qu’aux quelques passages qui nous sont utiles pour le commentaire.
A chaque mouvement que fait Léon dans le compartiment, son imagination nous ramène au monde mythologique. Même la fumée et le bruit interpelle son imagination et reprend son voyage
extraordinaire.
Dans ce roman, (s’il sent alors une fumée…) (p214) Léon délmont va faire
la rencontre de la sibylle dans la grotte alors qu’Enée la rencontre dans le temple d’Apollon. Lors de la rencontre, la sibylle donnera deux gâteaux à Léon et ne lui présente aucune aide parce
qu’il est étranger à ses désires, par contre dans le mythe, elle offert à Enée le rameau d’or qui va le guider et lui montre tous les obstacles qu’il va trouver sur son chemin tout en lui
montrant les détails de son chemin..
L’apparition de la barque (pp220-223-224) et la voix qui criait « …je suis
venu pour vous mener sur l’autre rive », rappelle l’arrivée d’Enée dans le monde souterrain, quand Charon choisit parmi la foule ceux qu’il admettra dans sa barque en écartant
d’autres de la rive (condamnés à errer pendant cent ans avant d’être admis). Léon sera admis mais comme
un être mort (p220)
.
(Vous vous désirez…..s’est arrêté à Modane) p222, dans ce passage Butor discute le sujet passé/futur et rappelle le
conseil de la sibylle qui consiste à ne jamais regarder en arrière, effacer le passé auquel il ne faut plus penser pour parvenir à son désire alors que Léon se rappelle toujours de Paris et de sa
femme ce qui l’empêche de rester sur son choix de retrouver Rome et Cécile.
L’envol des corbeaux qui s’envolent dans l’espace et qui se sont posées sur ses épaules et son crâne pareil à l’envol des
colombes dans L’Enéide. (pp223-224)
Quand Léon arrive à la porte majeur gardé par un être à deux visages, on se souvient de Cerbère, un chien aux trois têtes, qui fait gardien des enfers (Il
monte, il se laisse mener… « Tu ne pourras plus jamais revenir »…) (p225).
Revenant à la réalité, pendant le trajet, un douanier italien interroge Léon avant de permettre l’accès de Rome, ce fait même éveille l’imagination de Léon, c’est
comme si c’était Charon, le passeur, qui ne permet l’accès d’Enée aux enfers qu’après avoir vu le rameau d’or que la sibylle lui a donné pour le guider.
Quand il revient à la réalité, dans son compartiment, contemple l’entourage.., mais une fois il bouge, continue son aventure…..(se remet en mouvement….écoute
les paroles mais ne comprend pas)(pp233-234) Léon accède aux enfers, rencontre les damnés et les bienheureux, parmi lesquels il reconnaît quelques uns "ce sont des
italiens -se dit Léon- que je connais" alors que dans le mythe de l’Enéide de Virgile, Enée rencontre lui aussi des héros et des guerriers qu’ils connaissait .
Pour conclure, dans « La Modification », le mouvement /l’immobilité, le silence/le bruit,
la lumière et l’obscurité sont des éléments provocateurs, un biais qui permet le passage de la vie réelle de Léon délmont au monde imaginaire qui n’a pour cadre référentiel que la
mythologie.
Il est même significatif de mentionner que cette histoire raconte également, en plus de L’Enéide, d’autres faits
semblables aux faits de d’autres écritures mythologiques. Butor, un fasciné des écritures mythologiques, du point de vue que notre monde réel se compose de ces récits mythiques qui font notre vie
de tous les jours.
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